PROGRAMMATIC SUMMIT
 
  • Publié le 11-03-2009

A c?ur ouvert : Pascale Van Damme, DELL

A c?ur ouvert : Pascale Van Damme, DELLLe bureau de Pascale Van Damme, Country Manager DELL Belux, n??est pas un bureau. Un « open space » abrite les forces vives de la maison. Dont la patronne qui a sa place dans cet endroit avec tous ses collaborateurs. Une touche personnelle transforme néanmoins ce bout de table en espace personnel.



Des photos de famille et des petits objets anodins pour le quidam, mais chargés d’émotion pour elle. Ils décorent les quelques mètres carrés qu’elle s’est appropriés. Côté face volontariste, côté pile sensible. Pascale Van Damme révélée en une phrase.  

Connaître les autres

Née en 1968 à Gand, Pascale Van Damme a vécu une enfance heureuse et équilibrée dans sa ville préférée. Un père criminologue et une mère au foyer ont permis à Pascale de s’épanouir dans un monde presque trop parfait pour être réel. Mais faut-il que les chemins soient tortueux pour faire apprécier le repos du voyageur ?

CW : Que gardez-vous d’indélébile de votre enfance ?

PVD : Principalement deux choses. Mon père m’a inculqué le sens de la justice. Connaître et comprendre les faits avant de juger. Tant qu’une preuve n’est pas faite, rien n’est fait. Ce qui n’est pas arrivé est rêvé. Ces principes sont devenus une philosophie de vie qui m’a souvent aidée dans ma vie privée et dans mon environnement professionnel. Ma mère, quant à elle, était une femme optimiste et volontaire. Elle a beaucoup voyagé, elle a rencontré beaucoup de monde, elle a vécu des catastrophes naturelles comme le tsunami en Thaïlande. Son sens du service aux autres m’inspire encore aujourd’hui. Tous les jours…

CW : Un papa plutôt cartésien et rigoureux donc ! 
PVD : On peut le dire, en effet. Mais l’expérience de vie qu’il a acquise dans les environnements policiers et de justice lui ont donné la dimension émotionnelle indispensable pour bien fonctionner dans ce métier. Ses rencontres de tous types et son intrusion professionnelle dans des drames parfois cruels lui ont permis de voir le monde autrement. Et cette vision est un héritage précieux pour moi.

CW : Quel héritage vous a laissé l’école ?
PVD : Je ne peux pas dissocier l’école du reste de ma vie de jeune fille. J’étais plutôt bonne élève et j’avais un nombre incalculable d’activités extra-scolaires. La gymnastique, la jazz dance et le judo occupaient une place importante dans mon emploi du temps. Ma grand-mère m’a fait découvrir l’opéra, très jeune. J’adore ! Surtout les opéras italiens. Je chantais dans une chorale et des voisins musiciens m’embarquaient, eux, dans d’autres univers musicaux. Dès mes dix ans, mon père me faisait suivre des cours particuliers de Français. L’héritage de cette époque est donc multiple et éclectique. Il est aussi fait de rencontres diverses avec des gens différents. Tous riches… à l’intérieur. C’est ce qui a généré en moi l’intérêt pour les autres. Qu’est ce qui fait bouger quelqu’un ? Cette question ne me quitte jamais.

CW : Avez-vous trouvé des réponses ?
PVD : Généralement oui. Mon sport de prédilection, mes lectures de livres biographiques et historiques et, plus tard dans ma vie, mes voyages, m’ont donné des clés pour ouvrir les portes des autres.

CW : Votre sport de prédilection ?
PVD : J’ai été une bonne rameuse. Plusieurs fois championne de Belgique. Ce sport m’a appris ce qu’était vraiment le travail d’équipe. Quel que soit le nombre de rameurs, aucun ne peut commettre la moindre erreur sous peine de pénaliser toute l’équipe. Le maillon faible est proscrit de cette discipline. Pendant les vacances, j’étais monitrice d’aviron au BLOSO. J’y ai appris à faire bouger les gens dans la même direction en fonction de leurs capacités.

CW : Cela vous aide-t-il dans votre vie professionnelle ?
PVD : Constamment. Savoir et comprendre comment quelqu’un fonctionne vous aide à fonctionner avec lui. C’est primordial pour la relation avec des collaborateurs ou des clients. Et vis-à-vis de la concurrence, cela vous aide à anticiper ce qu’elle pourrait entreprendre pour vous contrer. Il faut accepter que chacun soit différent de vous et que les êtres humains sont tous différents entre eux. Vu la complexité de cette réalité, il faut réellement l’analyser à chaque instant pour réussir des choses intéressantes.

CW : L’université était une chose intéressante ?
PVD : J’étais partie pour devenir avocate. Ensuite, je me suis tournée vers un graduat en fiscalité. Une orientation plus pragmatique qui me correspondait mieux. A cette époque, j’ai commencé à voyager. Les voyages sont une incroyable université.

Se connaître soi-même

En 1991, Pascale Van Damme a rejoint TNT Express Worldwide. D’abord active en « customer care », ensuite proactive en « internal sales ». Elle compléta cette expérience de cinq années par le product management, le marketing et le key accounting international. Ensuite ce fut au tour de Proximus de lui faire confiance. L’attrait pour les nouveautés technologiques la conduisit au Corporate Key Accounting, ce qui fut un tremplin rêvé pour l’étape suivante chez BASE où elle créa la business unit Corporate Business. La rencontre avec Frank Bitoun, ancien Directeur Général de Dell Belgique, lui permit d’accéder au poste que nous lui connaissons aujourd’hui.

CW : Etes-vous toujours aussi active aujourd’hui ?
PVD : Plus que jamais. Je dois bien reconnaître que mon métier me prend énormément de temps. Ce poste de direction générale est très exigeant. Il occupe l’esprit en permanence et demande une concentration sans faille. Mais il ne m’empêche tout de même pas de pratiquer le fitness, de lire et de voyager. Et comme j’habite à Knokke, je suis un peu en vacances toute l’année… J’adore naviguer à la voile, rouler à vélo sur la digue et philosopher en regardant la mer.

CW : Le pouvoir et la philo sont-ils compatibles ?
PVD : Ils sont indissociables. La réflexion vous aide à vous découvrir vous-même au travers des autres et au travers de votre organisation. Qu’elle soit sociale ou professionnelle. La philo vous pousse à poser des questions. A vous-même et aux autres. C’est une des raisons qui m’a poussée vers l’aviron plutôt que le skif. En aviron, on peut apprendre des autres. En skif, on est toute seule. Quand je lis, je suis seule. Cela me suffit.

CW : Comment traduisez-vous cela dans votre organisation professionnelle ?
PVD : DELL donne les lignes directrices et les objectifs. Ensuite, c’est au manager de faire tourner la machine. Et s’il faut être créatif pour y arriver, on le peut. On le doit. Mais dans le cadre général de l’entreprise évidemment. Cette dualité entre le général de la société et le particulier de l’individu est source de progrès. L’individu doit croire en lui et en son entreprise pour avancer.

CW : La foi est donc un élément important !
PVD : Un élément primordial. Personne ne peut progresser sans la foi en quelque chose.

CW : En une religion, par exemple ?
PVD : Par exemple. Et parfois cela se vérifie cruellement lorsqu’on pense aux guerres et au terrorisme. Mais ce qui est certain, c’est que c’est une croyance qui fait bouger les gens. Dans ces cas malheureux, elle est mal canalisée, on est bien d’accord. Mais c’est le même processus qui fait avancer les gens positivement. C’est donc une question de bien canaliser l’énergie engendrée par une conviction.

CW : Dans notre société, le port du voile peut être associé à la « mauvaise canalisation » !
PVD : Oui, mais cela n’est pas une raison pour exclure ces femmes. Si l’une d’entre elles se présente dans mon organisation et qu’elle est humainement et professionnellement valable, elle aura sa place. Aujourd’hui, les clients sont ouverts à la diversité. Ils acceptent les gens capables, sans distinction de race ou de conviction. Si le travail est bien fait, tout est bien.

CW : Vous semblez plus intéressée par la richesse humaine que par la richesse financière !
PVD : C’est exact. Pouvoir côtoyer ses aïeux est aussi une richesse. Je consacre toujours une partie de mon temps à aider mon grand-père que j’ai la chance d’avoir encore près de moi. DELL mène également des programmes de citoyenneté qui viennent en aide à des enfants démunis. Voilà une richesse humaine partagée au sein de l’entreprise.  Mais il ne faut pas ignorer la richesse financière pour autant. L’argent est important pour vivre en équilibre avec le temps et l’énergie qu’on investit dans la vie professionnelle et pour pouvoir faire plaisir aux autres.

CW : Il faut donc bien s’accrocher aux « bonus » !
PVD : Le bonus fait partie du jeu lorsqu’on a des responsabilités importantes. Il fait partie du jeu ; il n’est pas le jeu.

CW : Que voulez-vous dire ?
PVD : Que si j’ai la conviction qu’une décision à long terme est bonne pour mon employeur et pour moi, je la prendrai sans hésiter même si elle me coûte une partie de mon bonus qui aurait été plus important grâce à une décision à court terme, mais moins bonne.

CW : De quoi sera fait votre futur ?
PVD : A affirmer ma position dans mon entreprise et à mener l’équipe au succès. Plus tard, ce seront plus que probablement les grands voyages qui occuperont mon temps.



 

By registering to this newsletter, I am allowing the publishers the right to use my information for networking purposes, to receive further information leading up to events, to receive post events information from the events actors & speakers, for follow-up emails and for my picture to be taken during the events..